Licence freelance à Dubaï : ce qu'elle coûte, ce qu'elle permet, et quand préférer une société
Vous êtes consultant, développeur, graphiste ou coach. Vous travaillez seul, avec des clients en France ou ailleurs. Et vous vous demandez s'il faut vraiment créer une société pour vous installer à Dubaï.
Pas forcément. Il existe une solution plus légère : la licence freelance, aussi appelée freelance permit. Elle coûte moins cher qu'une société et peut, selon l'émetteur, vous ouvrir droit à un visa de résidence.
Mais elle a des limites que les vendeurs de packages mentionnent rarement. Ce guide détaille les prix publiés en 2026, ce que la licence freelance à Dubaï permet vraiment, ce qu'elle interdit, et comment savoir si une société serait un meilleur choix pour vous.
Licence freelance à Dubaï : de quoi parle-t-on ?
Une licence freelance est une autorisation d'exercer une activité à votre nom, en tant que personne physique. Elle est délivrée par une autorité de free zone, par exemple GoFreelance (groupe TECOM, Dubai Development Authority) à Dubaï ou RAKEZ à Ras Al Khaimah.
La différence clé avec une société : aucune personne morale n'est créée. Vous facturez en votre nom. Vous êtes seul titulaire de la licence. Et vous répondez personnellement de vos dettes professionnelles.
La licence couvre une liste fermée d'activités, surtout dans les métiers créatifs, les médias, la tech, l'éducation et le conseil. À Dubaï, l'activité détermine le « cluster » de rattachement : Dubai Internet City pour la tech, Dubai Media City pour les médias et le marketing, Dubai Knowledge Park pour la formation, Dubai Design District pour le design.
Si vous découvrez le sujet, commencez par notre guide pour créer sa société à Dubaï : il pose le cadre général, free zone comprise.
Les 4 façons de travailler en freelance aux Émirats
Le mot « freelance » recouvre en réalité plusieurs dispositifs. Ils ne donnent pas les mêmes droits, surtout sur le visa.
| Dispositif | Pour qui | Visa de résidence |
|---|---|---|
| Licence freelance de free zone avec visa (GoFreelance, RAKEZ…) | Le freelance qui arrive aux Émirats et veut s'y installer | Oui, en option payante |
| Licence freelance seule | Celui qui a déjà un visa (conjoint, employeur, Golden Visa) | Non, il faut déjà être résident |
| Permis freelance du ministère du Travail (MOHRE) | Le résident qui veut travailler en indépendant sous son visa actuel | Non, il s'appuie sur une résidence existante |
| Green Visa (5 ans) | Le freelance établi, avec des revenus prouvés | Oui, sans parrain |
Pour un Français qui arrive, la première ligne est presque toujours la bonne. La licence seule ne sert que si vous avez déjà un titre de séjour par ailleurs. RAKEZ, par exemple, demande alors une copie de votre visa et une lettre de non-objection de votre parrain.
Le Green Visa est intéressant, mais pas pour démarrer. Il exige au moins 360 000 AED de revenus d'indépendant par an sur les deux années précédentes (ou une preuve de solvabilité), un diplôme de niveau licence, et un permis freelance du MOHRE au préalable. C'est une étape pour plus tard.
Combien coûte une licence freelance à Dubaï ?
Les tarifs ci-dessous sont ceux publiés par les autorités et repris par plusieurs guides mis à jour en septembre et octobre 2026. Ils évoluent, et les free zones lancent souvent des promotions limitées dans le temps. Demandez toujours un devis écrit et détaillé.
Exemple : GoFreelance (Dubaï)
| Poste | Montant publié |
|---|---|
| Licence freelance (annuelle) | 7 500 AED + 20 AED de frais administratifs |
| Establishment card (si visa) | 2 000 AED |
| Visa de résidence 1 an | 4 600 AED |
| ou visa de résidence 2 ans | 5 042 AED |
| Total indicatif avec visa 2 ans | environ 14 500 à 15 000 AED |
Ce total ne comprend pas la visite médicale, l'Emirates ID ni l'assurance santé. Selon les comparatifs publiés, la visite médicale et l'Emirates ID représentent ensemble de l'ordre de 850 à 1 200 AED, et l'assurance santé de base de l'ordre de 800 à 1 500 AED par an. Ce sont des fourchettes de marché, pas des tarifs officiels.
Pour la procédure côté immigration, notre article sur le visa de résidence et l'Emirates ID détaille chaque étape.
Exemple : RAKEZ (Ras Al Khaimah)
RAKEZ affiche une licence freelance à partir de 6 100 AED, avec des formules sur un ou deux ans. Elle est réservée aux métiers des médias et de l'éducation, avec une seule activité par licence. Pas de salarié, pas de visa supplémentaire, et pas de compte bancaire au nom d'une société, puisqu'il n'y en a pas.
Le budget à retenir
Pour vivre à Dubaï avec une licence freelance et un visa, prévoyez en ordre de grandeur 15 000 à 18 000 AED la première année tout compris (licence, visa, médical, Emirates ID, assurance). Les années suivantes, la licence se renouvelle chaque année au même tarif, et le visa tous les deux ans.
Ce que la licence freelance ne permet pas
C'est la partie la plus importante. La licence freelance est adaptée à un profil précis. En dehors, elle devient vite un frein.
Pas de salarié
La licence couvre une seule personne, vous. Vous ne pouvez pas embaucher ni parrainer le visa d'un salarié. La sous-traitance à d'autres indépendants reste possible.
Une responsabilité illimitée
Sans société, pas d'écran juridique. Un litige avec un client peut toucher votre patrimoine personnel. Pour une activité de conseil à faible risque, c'est souvent acceptable. Pour un métier exposé (gestion de projets lourds, engagements contractuels importants), beaucoup moins.
Une liste d'activités fermée
Le commerce de marchandises, l'e-commerce avec stock ou les activités réglementées sortent généralement du cadre. Si votre activité n'est pas sur la liste, il faut une société.
Des grands clients parfois réticents
Les petites entreprises et les clients à l'étranger paient sans difficulté un freelance. En revanche, de grands groupes émiriens ou des entités liées au gouvernement demandent souvent une licence commerciale au nom d'une société et un numéro de TVA. Ce n'est pas une règle écrite, mais une pratique fréquente.
Une ouverture de compte bancaire plus délicate
Les banques traditionnelles appliquent des contrôles renforcés aux titulaires de licence freelance. Les refus et les délais sont fréquents. Beaucoup de freelances passent par des offres numériques comme Wio ou Mashreq NeoBiz. Notre guide du compte bancaire professionnel à Dubaï explique comment préparer le dossier.
Impôts et TVA : ce qui s'applique à un freelance
Bonne nouvelle : la fiscalité d'un freelance aux Émirats est simple tant que l'activité reste modeste.
- Pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques aux Émirats.
- Corporate tax : une personne physique n'y entre que si le chiffre d'affaires de son activité dépasse 1 000 000 AED sur une année civile (décision du Cabinet n° 49 de 2023). Au-delà, le bénéfice est taxé à 0 % jusqu'à 375 000 AED, puis à 9 %.
- Small Business Relief : un freelance soumis à la corporate tax peut l'opter si son chiffre d'affaires reste sous 3 M AED. Le dispositif a été prolongé jusqu'aux exercices se terminant au plus tard le 31 décembre 2029 par la décision ministérielle n° 131 du 7 août 2026. Détails dans notre article sur le Small Business Relief.
- Régime 0 % des free zones : il ne s'applique pas aux personnes physiques. Il est réservé aux sociétés qualifiées.
- TVA : l'enregistrement devient obligatoire au-delà de 375 000 AED de chiffre d'affaires sur 12 mois glissants, et possible dès 187 500 AED. Le taux est de 5 %. Voir notre guide de la TVA à Dubaï.
Côté français, rien n'est automatique. Vivre à Dubaï avec un visa ne suffit pas à cesser d'être résident fiscal en France. Il faut réellement transférer votre foyer et le centre de vos intérêts. Nos articles sur les démarches pour quitter la France et sur le certificat de résidence fiscale détaillent ce point.
Freelance ou société : comment trancher
La question n'est pas « quelle option est la moins chère », mais « laquelle tiendra encore dans deux ans ». Changer de structure plus tard coûte du temps : la licence n'est pas transférable, il faut créer la société, transférer le visa et refaire les contrats clients.
La licence freelance vous convient si…
- vous travaillez seul et comptez le rester ;
- votre activité figure sur la liste freelance de la free zone ;
- vos clients sont surtout à l'étranger ou sont des PME ;
- votre chiffre d'affaires restera raisonnable les premières années ;
- vous voulez tester Dubaï avec un budget contenu.
Une société est préférable si…
- vous prévoyez d'embaucher, même une seule personne ;
- vous visez de grands comptes ou le secteur public aux Émirats ;
- vous vendez des produits ou votre activité n'est pas éligible ;
- vous voulez limiter votre responsabilité personnelle ;
- vous voulez un jour vendre ou ouvrir le capital de votre activité.
Si vous penchez pour une société, notre comparatif free zone ou mainland vous aidera à choisir la juridiction, et notre article sur le coût de création d'une société à Dubaï à comparer les budgets.
Les étapes pour obtenir sa licence freelance
1. Vérifier l'éligibilité de votre activité
Comparez votre métier exact à la liste de la free zone visée. Un intitulé mal choisi peut bloquer certains clients ou la banque plus tard.
2. Réunir les documents
Le dossier type comprend une copie de passeport, une photo d'identité, un CV ou un portfolio, et une lettre de non-objection si vous êtes déjà salarié aux Émirats.
3. Déposer la demande et payer la licence
Chaque free zone a son portail en ligne. GoFreelance annonce un traitement en deux jours ouvrés environ pour la licence elle-même.
4. Lancer le visa de résidence
Establishment card, entry permit, visite médicale, biométrie, puis émission du visa et de l'Emirates ID. Comptez plusieurs semaines au total.
5. Ouvrir un compte bancaire
Une fois l'Emirates ID en main, déposez vos demandes, idéalement auprès de deux établissements en parallèle.
Les erreurs fréquentes
- Acheter une « licence freelance » qui n'en est pas une. Certaines free zones, comme IFZA ou SHAMS selon les vérifications publiées en 2026, ne proposent pas de licence freelance au sens strict. Demandez ce qui est réellement vendu.
- Oublier les frais hors licence. Le prix affiché de 6 000 ou 7 500 AED ne comprend ni le visa, ni l'Emirates ID, ni l'assurance.
- Prendre le permis MOHRE en pensant obtenir un visa. Il permet de travailler sous une résidence existante, il n'en crée pas.
- Croire que la résidence aux Émirats coupe la fiscalité française. Sans transfert réel du foyer, ce n'est pas le cas.
- Choisir le freelance alors que l'embauche est prévue. Le changement de structure coûtera plus cher qu'une société dès le départ.
Questions fréquentes
Quel est le prix d'une licence freelance à Dubaï en 2026 ?
Chez GoFreelance, la licence est affichée à 7 500 AED par an. Avec l'establishment card et un visa de deux ans, le total publié avoisine 14 500 à 15 000 AED, hors visite médicale, Emirates ID et assurance santé.
Une licence freelance donne-t-elle droit à un visa de résidence ?
Oui, si vous prenez l'option visa proposée par la free zone. La licence seule, sans cette option, ne donne pas de résidence.
Peut-on embaucher avec une licence freelance ?
Non. La licence couvre une seule personne. Pour embaucher, il faut une société avec un quota de visas.
Un freelance paie-t-il la corporate tax aux Émirats ?
Seulement si le chiffre d'affaires de son activité dépasse 1 000 000 AED sur une année civile. En dessous, il n'est pas concerné.
Peut-on parrainer sa famille avec une licence freelance ?
Oui, avec un visa de résidence valide et un revenu mensuel d'au moins 4 000 AED (3 000 AED si le logement est fourni) pour le conjoint et les enfants.
Peut-on passer d'une licence freelance à une société ?
Oui, mais ce n'est pas une simple conversion. Il faut créer la société, transférer le visa, puis annuler la licence, souvent avec un préavis d'environ 30 jours.
En résumé
La licence freelance à Dubaï est une bonne porte d'entrée pour un indépendant seul, avec une activité éligible et des clients surtout à l'étranger. Comptez environ 15 000 à 18 000 AED la première année avec le visa.
Elle devient un frein dès que vous voulez embaucher, viser de grands comptes émiriens ou protéger votre patrimoine. Dans ces cas, une société coûte plus cher au départ mais vous évite un changement de structure ensuite.
Pour voir le budget dans la durée, lisez aussi notre article sur le coût annuel d'une société à Dubaï.
Sources
- UAE Inform, guide du freelance permit et du freelance visa (mis à jour en octobre 2026)
- Sarmat, les quatre routes du freelance à Dubaï et leurs coûts (septembre 2026)
- Ministère des Finances, décision du Cabinet n° 49 de 2023 (activités des personnes physiques soumises à la corporate tax)
- Business Dubai, licence freelance ou société : responsabilité, embauche, fiscalité (2026)
- Avyanco, comparatif des coûts des licences freelance aux Émirats (août 2026)
Freelance ou société : le bon choix dès le départ
Activité éligible, visa, banque, clients visés : on regarde votre situation et on vous dit honnêtement si une licence freelance suffit ou si une société est plus adaptée. En français, depuis Dubaï, avec les coûts annoncés à l'avance.